Le Festival MANCA n’est, ni plus ni moins, que le prologue niçois du Printemps des Arts. Loin de nous l’idée de mettre en concurrence ces deux événements majeurs azuréens mais force est de constater que le programme hautement culturel aurait très bien pu faire parti des réjouissances prévues par Marc Monnet… Coup d’envoi le 14 novembre et brève présentation de l’événement !
Un festival niçois même si son final se déroulera à l’Opéra Garnier. Mais avant d’en arriver au bouquet final observons la tige. Le vendredi 14, le Théâtre de Grasse accueillera « Road Movie Musical » symphonie diagonale. Imaginez un « road movie musical » qui se déroulerait de la Crète à la Bretagne. On y rencontre des musiciens traditionnels qui jouent, chantent ou dialoguent avec le compositeur Alexandros Markeas autour de leurs cultures.
Le lendemain, vous pourrez passer par l’immense opéra niçois pour vous délecter dès 20h30 du concert proposé par les élèves du conservatoire PACA. Sur scène 100 flûtes et 100 saxos et plus encore pour qu’un souffle de mélodie balaie votre week-end.
Le dimanche, à l’heure du goûter (17h30) c’est au Théâtre de la Photographie et de l’Image de Nice (TPIN) que ça se passera. « A cordes déployées » fresque lyrico-technique où un quatuor de violonistes rencontrera la rigueur des machines. Voyage palpitant en perspective ! Lundi on souffle pour reprendre mardi là encore au TPIN avec « Voix et Vents » où l’ensemble strasbourgeois « Accroche Note » balayera un siècle de vie musicale à leur sauce. Mercredi place à l’électroacoustique et aux musiques mixtes au Conservatoire Régional de Nice. L’entrée est libre et vous pourrez découvrir les travaux d’un parterre d’étudiants de France et de Navarre mais également la nouvelle version de « Grande Polyphonie » œuvre acousmatique de François Bayle. Jeudi 20 même tarif, c’est gratis et toujours au même endroit mais cette fois-ci pour découvrir les ateliers France/Berkeley. L’électroacoustique sera encore et toujours de rigueur. Vendredi direction le TNN pour suivre le livre des rituels interprété par l’ensemble Icarus. Samedi enfin, final à Monaco avec « Répertoire d’aujourd’hui » joué par l’OPMC. « La musique savante manque à notre désir » disait Rimbaud. Ce concert pourrait être celui du passage pour les compositeurs programmés ; celui de la libération du processus pour répondre à la phrase de Rimbaud en exhibant, selon Fausto Romitelli, « l’aspect obsessionnel et violent, répétitif et visionnaire oscillant entre une extrême densité et une extrême raréfaction ». Libération chez Xénakis qui utilisant l’austère théorie de la cinétique des gaz utilisera désormais la très belle expression de « nuages de sons ». Clarification chez Grisey qui, partant du concept de la traversée du « crible des temps relatifs », établira progressivement cette classification des temps musicaux : « le temps des baleines, le temps des hommes et le temps des insectes ». Approfondissement chez Berio qui fera de la variation infinie sa marque de fabrique et jettera ainsi les bases de la virtuosité de son écriture. Une semaine riche et chargée vous attend. On ne va pas s’en plaindre !